La reforestation
LA REFORESTATION : L'ART DE RESTAURER LES FORETS EN LES RENDANT UTILES A L'HOMME
Les causes de la déforestation
La déforestation due à l’homme est liée majoritairement au charbonnage et à l’extension des terres agricoles (essentiellement dans les zones intertropicales). Aujourd’hui, ce sont 13 millions d’hectares qui disparaissent tous les ans, soit l’équivalent de la superficie du Portugal.
Là où l’Europe plante plus d’arbres qu’elle n’en coupe, l’Afrique présente le taux de déforestation le plus élevé au monde avec 0,5% de ses forêts qui disparaissent chaque année.
Cet écart dans les comportements vis-à-vis de la forêt s’explique par l’usage qui en est fait. En Europe, la forêt est majoritairement exploitée durablement car vue comme une source de développement économique. La préserver, c’est s’assurer une exploitation pérenne des ressources qu’elle apporte.
En Afrique par exemple, la forêt est soit utilisée par les villageois pour faire du charbon (ressource encore essentielle à leur besoins quotidiens), soit vue comme un espace agricole potentiel et rémunérateur. Elle est donc détruite pour satisfaire les besoins énergétiques quotidiens et libérer l’espace nécessaire aux cultures.
Les effets de la déforestation sont maintenant connus : érosion et appauvrissement des sols, glissements de terrain, diminution des nappes phréatiques, augmentation de la concentration en CO2 dans l'atmosphère, destruction des habitats…
Il en résulte un impact négatif sur le climat, la biodiversité (réduction des espèces végétales et des lieux de vie des espèces animales) et le développement local (perte du rendement des surfaces agricoles).
Quand le problème est pris à temps, la dégradation causée par la déforestation peut être annulée grâce à la reforestation, en parallèle de la protection des forêts existantes.
Pour durer, l’arbre doit être utile à l’homme
Dans des pays où la principale préoccupation est de lutter contre la famine, déforester est souvent un moyen d’améliorer ses conditions de vie sur le court terme.
Pour qu’un arbre planté ait donc une chance de durer, il faut qu’il apporte plus de bénéfices vivant que mort aux populations locales.
Dans les campagnes africaines par exemple, de nombreuses espèces peuvent être plantées pour améliorer les conditions de vie des villageois sur le moyen et long terme : des arbres fruitiers (manguiers…) qui apportent une alimentation diversifiée et des revenus supplémentaires, des bois poussant vite et dédiés à la coupe qui permettent de cuire les aliments et de rendre service par exemple pour la construction, des haies vives pour protéger les champs des animaux…
La principale difficulté pour rentrer dans ce cercle vertueux est d’arriver à répondre aux besoins court-terme des villageois tout en plantant des arbres qui amélioreront leurs conditions de vie deux ou trois ans plus tard. L'agroforesterie en est un exemple.
L’agroforesterie
Un cultivateur qui a un champ de coton ou de mil dispose d’une source de revenus immédiate mais relativement faible.
Planter des arbres fruitiers au milieu de son champ et une haie vive tout autour, lui permet de continuer à vivre de ses revenus agricoles annuels traditionnels en attendant que les arbres donnent des fruits, qu’il pourra vendre plus cher sur le marché que sa production actuelle. De plus, la haie protègera son champ des animaux qui viennent manger ses récoltes et améliorera la qualité du sol et donc le rendement de ses cultures.
L’agroforesterie répond ainsi à un double enjeu : assurer la pérennité des arbres plantés tout en améliorant les conditions de vie des villageois.
Pour rendre cela possible, il faut former les agriculteurs à la plantation et l’exploitation durable des arbres, tout en leur apportant les moyens nécessaires au démarrage.
Planter un arbre est un geste symbolique fort qui fait l’unanimité. Il y a donc des raisons de croire que la situation va avancer dans le bon sens. Après tout, pour revenir à une couverture forestière identique à celle de 1950, il ne faut planter ou protéger que 15 milliards d’arbres, soit seulement 2 arbres par personne !