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Dévastatrices, les tempêtes de 1999 ont fait de nombreux ravages sur les sols européens. Du 24 au 28 décembre, des vents puissants approchant les 180km/h ont soufflé sur l’Hexagone, touchant 6% de la forêt française. Retour sur les emblématiques ouragans de « Martin » et « Lothar ».

08/10/2021 - Ondine de Reforest'Action


Catégorie: 

tempêtes de 1999 - Martin - Lothar - catastrophes naturelles - dérèglement climatique

Dégats causés par la tempête de 1999 sur une parcelle forestière en Creuse © Pascal Chareyron - MaxPPP

 « La tempête du siècle », quel est le nom de la tempête de 1999 ?

Le 24 décembre 1999, les premières brises effleuraient les paysages du Mont Saint-Michel. La masse nuageuse, sous la rotation des vents, a alors formé un cyclone qui a sonné l’alerte.

Le 26 décembre à 11h00, Météo France observait l’arrivée de la tempête « Lothar » au nord du territoire français, avec des vents soufflant jusqu’à 130km/h. Le lendemain, une seconde tempête encore plus puissante dévalait déjà sur l’Aquitaine. L’ouragan « Martin » a ainsi balayé le sud de la France avec des rafales atteignant les 199 km/h en pointe, emportant sur leur passage près d’un million d’hectares de forêt.

Selon le registre des Eaux et Forêts, il faudrait remonter au 17ème siècle pour retrouver les traces d’une tempête aussi dévastatrice1. Les tempêtes de 1999 ont quant à elle touché 60% du territoire français et détruit 968 000 hectares de forêt d’après l’Office National des Forêts, soit plus que la superficie du département des Landes.

La France a été le pays le plus largement touché, avec 140 millions de mètres cubes de chablis, Les régions d’Aquitaine et de Lorraine ont été particulièrement affectées. D’autres pays d’Europe centrale ont également été durement touchés. En outre, la forêt noire en Allemagne et la Suisse ont comptabilisé respectvement 30 et 12,8 millions de mètres cubes de chablis2.

Zoom sur le courant-jet qui a créé la tempête de 1999

Pour comprendre le phénomène inattendu des tempêtes de 1999, remontons à sa source : le courant-jet.

Torrent de vent exceptionnellement puissant, le courant-jet résulte de la jonction entre les masses d’air froid de l’hémisphère nord et les masses d’air chaud provenant de l’Équateur. Face aux dépressions, le courant-jet plonge au milieu de la masse nuageuse circulante et forme un tourbillon à la surface de l’eau. La force du tourbillon créée est proportionnelle à celle du courant-jet : en l’occurrence, celle-ci a atteint une vitesse sans pareil de 529 km/h le 26 décembre 1999, annonçant l’arrivée de la seconde tempête Martin, encore plus violente que la précédente.

Répartition des dégats causés par Lothar et Martin. Crédit : Météo-France, ONF

20 ans après Lothar et Martin, les projets de reboisement

Force est de constater que de nombreuses initiatives de reboisement trouvent leur origine dans cette tempête. En France, Reforest’Action a mené différents projets pour pallier les dégâts causés et favoriser le renouvellement de ces peuplements.

Par exemple, la forêt de Clayeures (Grand Est, Meurthe-et-Moselle) a fortement souffert de la tempête. Le peuplement ayant survécu, est désormais vieillissant et souffre du changement climatique. Afin de renouveler cette forêt dépérissante, Reforest’Action soutien un projet de régénération naturelle et accompagne la plantation de 18 465 essences de feuillues et résineuses (chêne sessile, hêtre commun, merisier, sapin grandis, érable sycomore) sur la saison 2021 – 2022.

Forêt de forêt de Clayeures qui a souffert de la tempete de 1999

Projet de RNA (Régénération Naturelle Assistée) soutenu par Reforest'Action à Clayeures , 2021

Du côté de Val d’Ornain (Grand-Est, Meuse), le peuplement déjà appauvri par d’anciennes méthodes de gestion sylvicole, a également essuyé les conséquences de la tempête. Les arbres ayant survécu ont ensuite été détruits à 95% lors d’une tornade en septembre 2016. Aucune régénération naturelle n’ayant pu s’installer durablement, cette parcelle a été broyée puis replantée de douglas entre 2018 et 2020. Malheureusement, les sécheresses estivales ont eu raison de ce massif, ce qui a conduit à la perte de 70% des nouveaux plants. Le projet visant à introduire des essences diversifiées (douglas, mélèze, érable sycomore, chêne sessile, merisier, cormier) conduit à la plantation de 13 050 arbres durant l’hiver 2021.

D’autres forêts décimées par le tempête ont fait l’objet de projets de reboisement par Reforest’Action : Saint-Just-en-Chevalet, Moyenmoutier ou bien Lanty-sur-Aube.

Reboisement d'une forêt à côté de Saint-Just-en-Chevalet

Projet de reboisement soutenu par Reforest'Action à Saint-Just-en-Chevalet (Loire), 2021 

Adapter les forêts au changement climatique

Si à ce jour, on ne peut affirmer que le changement climatique est la cause directe des tempêtes, ces dernières se multiplient de manière drastique ces dernières années. Dans son rapport publié en 20203, le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNISDR) observe un redoublement des catastrophes climatiques ces dernières années, leur nombre étant passé de 3 656 entre 1980 et 1999 à 6 681 entre 2000 et 2019. 

Dans ce contexte, Reforest’Action poursuit et soutient davantage de projets grâce à la plantation d’essences diversifiées. Une bonne manière de restaurer les forêts dégradées et de sécuriser leur peuplement face aux futurs aléas, en contexte de dérèglement climatique.

 

 


  1. Salomon Jean-Noël. La "tempête du siècle" (27 et 28 décembre 1999) et notamment en Aquitaine, Travaux du Laboratoire de Géographie Physique Appliquée, n°19, Mars 2001 2000, pp. 31-53.
  2. CEE/NU, Commission économique pour l'Europe des Nations unies, Statistiques des dommages de la tempête 
  3. Anon, United Nations, Le changement climatique, Moteur du doublement des catastrophes naturelles au cours des 20 dernières années. Disponible : https://news.un.org/fr/story/2020/10/1079642 
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