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À travers son témoignage authentique, Géraud Ferrandier, propriétaire forestier d’Auvergne-Rhône-Alpes, dévoile son lien avec la forêt et la vision qu’il en a. Son point de vue aide à mieux comprendre les enjeux et la réalité du terrain, ainsi que ce qu’impliquent les projets que nous accompagnons. Il est important, pour Reforest’Action, de travailler main dans la main avec les acteurs sur le terrain en ouvrant la discussion. Cela permet de faire évoluer les visions et les méthodes en intelligence collective, dans le but de préserver au mieux nos écosystèmes.

09/09/2022 - Claire de Reforest'Action


Catégorie: 

Auvergne-Rhône-Alpes - Géraud Ferrandier - propriétaire forestier - réalité du terrain - sur le terrain - enjeux - gestion forestière - secteur forestier - transmission - héritage - relève - acquisition - témoignage

Quel est votre lien avec la forêt de manière générale ?

Mon lien avec la forêt est récent puisqu’il date de l’acquisition d’un petit bois en 2015. J'ai ensuite repris la gestion des bois de mon grand-père en 2019. Sur la commune de Glénat, et dans le bois familial, nous avons dû procéder à des coupes sanitaires en raison du dépérissement des sapins. Les travaux de reboisement ont eu lieu en 2022 avec la plantation de douglas, de cèdres de l’atlas et de chênes. La gestion forestière est un projet multigénérationnel, ce qui la rend si particulière à mes yeux. En plus d'un investissement financier commun, nous nous partageons les tâches de gestion afin de maintenir un peuplement riche et varié en accord avec notre vision de la forêt. Pour nous, il s’agit vraiment d’une transmission. Lorsqu'une parcelle est reprise, il faut considérer ce que le prédécesseur en a fait afin d’établir un plan de gestion pour les années à venir. En tant que propriétaires forestiers, nous ne sommes que des passeurs, des relais.

Quel message souhaiteriez-vous transmettre à la relève ?

La transmission d’un capital forestier se fait souvent par succession, et les héritiers n’ont pas toujours un intérêt pour la gestion forestière ou des compétences dans ce domaine. Ils manquent alors d’accompagnement et de relations pour conduire la gestion de leur forêt. Être propriétaire forestier, ce n’est pas seulement posséder un peuplement forestier et tout déléguer à un gestionnaire. C’est beaucoup plus complexe que cela. Même si le propriétaire fait appel à un gestionnaire, il doit aussi s’associer au pilotage du projet. C’est à lui de prendre les décisions, de connaître sa forêt, de donner des directives et de vérifier les travaux effectués. Pour acquérir les compétences et les connaissances nécessaires, il faut se former et être à l’écoute.

Selon vous, quels sont les points déterminants à prendre en compte dans la gestion des forêts ?

Avec cette idée que nous, propriétaires forestiers, ne sommes que « des passeurs », nous devons nécessairement prendre en compte le fait que les projets forestiers sont menés sur le temps long. Il est essentiel de garder à l’esprit que les forêts évoluent sur des périodes qui excèdent une vie humaine, d’autant plus avec les changements climatiques et leurs conséquences. Il faut donc anticiper, dès aujourd’hui, la gestion de son peuplement afin de l’adapter à l’évolution des forêts et des conditions climatiques locales. Pour ce faire, il est intéressant de s’appuyer sur un document de gestion comme le PSG (Plan Simple de Gestion), qui est d’ailleurs obligatoire pour les parcelles d’une superficie supérieure à 25 hectares.

Il faut donc voir les écosystèmes forestiers dans leur globalité et non seulement à l’échelle de la vie humaine, en prenant en compte leur complexité. C’est, entre autres, pour ces raisons qu’il est préférable de travailler en intelligence collective.

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