3 686 076Trees planted

Arbre essentiel dans les régions intertropicales, tant pour les hommes que pour la biodiversité qu’il abrite, le palétuvier est aujourd’hui menacé par les activités humaines et le réchauffement climatique. Découvrons plus en détail la mangrove, ce qu’elle apporte et pourquoi il faut la protéger.

Focus sur la mangrove !

11/07/2019 - Margot de Reforest'Action


Culture Forêt

mangrove - Forêt - arbre - palétuvier - reforestation - biodiversité

Arbre essentiel dans les régions intertropicales, tant pour les hommes que pour la biodiversité qu’il abrite, le palétuvier est aujourd’hui menacé par les activités humaines et le réchauffement climatique. Découvrons plus en détail la mangrove, ce qu’elle apporte et pourquoi il faut la protéger.

La mangrove, un écosystème unique au monde

Bien qu’il n’en existe pas en Europe, la mangrove est un écosystème bien connu dans le monde, car elle recouvre 75% des côtes des régions tropicales : le palétuvier, l’arbre qui constitue cette mangrove, a en effet des particularités qui expliquent sa concentration dans cette zone du globe. Capable de pousser dans des conditions extrêmes (températures élevées, tempêtes fréquentes), il est caractéristique des littoraux tropicaux. Ses longues racines pointues ressortent parfois du sol, rendant l’endroit inaccessible pour l’homme, et permettent notamment de stabiliser les sols et de prévenir l’érosion des côtes.

La mangrove se trouve donc au point de contact entre la terre et la mer, et se révèle essentielle à ces écosystèmes comme aux hommes.

Les biodiversités marine et terrestre dépendent des palétuviers

En mer, la mangrove constitue l’habitat de nombreuses espèces marines, qui trouvent refuge entre les racines protectrices. Les crabes, crevettes et poissons grandissent au milieu des arbres, et environ 80% des animaux marins de l’océan indien passent une étape de leur vie près des côtes boisées. Elle protège aussi les coraux des sédiments qui proviennent de la terre, en les retenant grâce à ses nombreuses racines ancrées dans la vase.

Sur la terre, les arbres forment des espaces forestiers qui sont l’habitat de nombreuses espèces, notamment des espèces menacées : au Bangladesh, les tigres du Bengale vivent au milieu de la mangrove, dans l’un des derniers territoires où l’homme ne peut le menacer. Le singe nasique, lui aussi menacé par la chasse et la destruction de son milieu de vie, habite la mangrove de l’île de Bornéo. 

Véritable écosystème à elle toute seule, la mangrove est plus que le seul arbre palétuvier : elle représente un équilibre entre faune, flore et sol.

Ces services que la mangrove rend aux hommes

Les hommes qui habitent à proximité commencent eux aussi à prendre la pleine mesure des bénéfices qu’ils peuvent tirer d’elle. Grâce à sa forte résilience, la mangrove représente un bouclier contre les risques provenant des océans. L’exemple le plus frappant est celui du tsunami de 2004, qui a touché de nombreuses côtes asiatiques. Or le constat est sans appel : les côtes protégées par la mangrove ont subi (le) moins de perte, et les populations locales ont été protégées.

Ces dernières peuvent aussi tirer leurs ressources de la mangrove : les hommes vivent notamment de la pêche aux crabes, construisent leurs maisons et leurs embarcations grâce au bois du palétuvier, et utilisent cette ressource pour se chauffer et se soigner. L’homme s’insère donc dans cet écosystème équilibré.

Enfin, la mangrove représente une ressource clé pour lutter contre le réchauffement climatique. Cet écosystème unique absorbe entre trois et cinq fois plus de CO2 qu’une forêt tropicale, pour la même surface de forêt.

Un écosystème néanmoins menacé

Cependant, la mangrove fait désormais partie du cycle de consommation industrielle : de nombreux facteurs sont la source d’une importante destruction en termes de surface disparue. Le potentiel touristique de certaines régions, par exemple, réduit drastiquement la surface de la mangrove et affaiblit les côtes (avec des conséquences désastreuses, comme on a pu le voir avec le tsunami de 2004). La mangrove souffre également de la surpêche, notamment à Madagascar, mais aussi du développement de plus en plus important de l’élevage de crevettes, comme à Sumatra par exemple. En effet, la mangrove est détruite pour laisser la place à des bassins d’élevage de crevettes, qui sont le plus souvent abandonnés et laissés en l’état au bout de quelques années. Si cette pratique permet d’éviter les risques de maladie des animaux, elle pollue l’eau et parfois même les nappes phréatiques, qui sont infiltrées par l’eau salée et les antibiotiques, et sont alors inutilisables.

De plus, ce qui fait la force de la mangrove est aussi une faiblesse : du fait de sa grande résilience, les hommes la croient capable de résister à leurs déchets, ce qui explique que certaines régions de mangrove se transforment peu à peu en déchetterie et s’affaiblissent. Pire, la toxicité de certains produits laissés à l’abandon sur le sol se retrouve dans la mer à cause du ruissellement de l’eau de pluie, et contamine les poissons que nous consommons. 

Enfin, la mangrove est aujourd’hui particulièrement menacée par le réchauffement climatique : le dérèglement climatique fragilise les arbres, qui forment une barrière essentielle contre l’océan. Le niveau de l’eau monte de plus en plus, empêchant les pêcheurs de crabe de vivre de cette activité, et le changement de salinité de l’eau modifie la biodiversité de la mangrove, ce qui dérègle l’équilibre qui lie la faune, la flore, les sols et l’eau.

Comment enrayer le déclin des mangroves dans le monde ?

La mangrove est un écosystème à protéger, car elle est de plus en plus menacée par les activités humaines et par le dérèglement climatique. Des solutions sont mises en place, comme la baisse de l’élevage de crevettes et la mise en place de l’élevage bio, notamment dans la région de Madagascar, ainsi que le reboisement de certaines côtes et la préservation de la mangrove et des palétuviers, comme dans les Antilles. Cette dynamique de protection permet de préserver la biodiversité marine et forestière et d’aider les populations locales.

C’est pourquoi Reforest’Action a développé un projet de plantation à Sumatra, afin que chaque action individuelle permette de préserver la forêt indonésienne. L’Indonésie est aujourd’hui le pays le plus touché par la déforestation devant le monde, et la forêt recule plus vite qu’en Amazonie. La province du nord de Sumatra est particulièrement concernée par la déforestation. En 1987, la province comptait 200 000 hectares de mangroves. Aujourd’hui, il en reste moins de la moitié avec seulement 83 000 hectares. Cette déforestation massive est principalement due à la pression anthropique : la mangrove est convertie en espaces d’élevage intensif de crevettes et de poissons, et abattue illégalement pour en faire du bois de chauffage ou du charbon de bois. Reforest'Action finance la plantation de cinq espères différentes de palétuviers afin de restaurer les mangroves et d’enrichir la diversité de leurs essences. En partenariat avec l'ONG locale Yagasu, des programmes de sensibilisation et d’éducation environnementale sont également mis en place, afin de trouver d’autres solutions pour pallier la destruction de la mangrove, et pour redonner vie à cet écosystème.

Cependant, si la destruction des mangroves touche tout particulièrement l’île de Sumatra, elle reste un phénomène mondial, c’est pourquoi Reforest’Action ouvre un nouveau projet de plantation en Guinée Conakry, pour restaurer les mangroves du littoral africain.

Si vous souhaitez devenir acteur de la protection des mangroves de Sumatra et de Guinée, vous pouvez planter votre palétuvier ici !

0 Comment