NBS TALKS : QUAND LA NATURE DEVIENT UN LEVIER STRATEGIQUE POUR LES ENTREPRISES
UN CHANGEMENT DE PARADIGME DANS LES STRATEGIES DE DURABILITÉ
Et si la nature devenait l’un des actifs les plus stratégiques pour les entreprises ?
Aujourd’hui, plus de 55 % du PIB mondial dépend directement de la nature (IPBES 2026), notamment des services écosystémiques qu’elle fournit. Pourtant, le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la raréfaction des ressources et le stress hydrique exercent une pression croissante sur les modèles économiques, et les entreprises qui tardent à s'adapter s'exposent à des risques systémiques.
Dans ce contexte, les entreprises ne peuvent plus se limiter à des engagements. Elles doivent désormais intégrer ces enjeux au cœur de leurs stratégies de durabilité.
C'est précisément l'ambition des NbS Talks, un side-event exclusif organisé par Reforest'Action le 31 mars 2026 au Grand Palais, à l'occasion de ChangeNOW. L'événement a réuni un groupe restreint de décideurs venus explorer une question centrale : Comment les Solutions fondées sur la Nature peuvent générer un impact mesurable sur les opérations locales, les stratégies climat, les chaînes d'approvisionnement agricoles et la résilience hydrique ?

LES SOLUTIONS FONDEES SUR LA NATURE : UNE REPONSE CONCRETE AUX RISQUES BUSINESS
D'après l'IPBES, les Solutions fondées sur la Nature représentent 37 % des mesures d'atténuation du changement climatique nécessaires d'ici 2030. Mais leur potentiel pour les entreprises dépasse largement la seule contribution climatique : sécurité alimentaire, approvisionnement en eau, réduction des risques naturels, adaptation aux phénomènes extrêmes, autant d'enjeux qui pèsent déjà directement sur les chaînes de valeur et les modèles opérationnels.
Alors que les pénuries de ressources et les événements climatiques extrêmes figurent parmi les cinq risques les plus sévères pour la décennie à venir, les NbS s'imposent comme un levier d'action concret et immédiatement actionnable. C'est précisément ce que les NbS Talks ont cherché à démontrer.

NBS TALKS : DE LA STRATEGIE A L’EXECUTION
Organisé sous forme de side-event privé sur invitation, NbS Talks a été conçu pour dépasser le stade du discours. L’objectif est clair : passer de la théorie à la mise en œuvre.
Pendant 1h30, les participants ont pris part à quatre ateliers parallèles, chacun dédié à une application concrète des solutions fondées sur la nature dans l’entreprise.
Ces formats courts et ciblés permettent d’aborder des cas d’usage réels, avec un niveau de profondeur adapté à des décideurs confrontés à des enjeux opérationnels.
QUATRE APPLICATIONS CONCRETES DES NBS EN ENTREPRISE
ATELIER #1 – GENERER UN IMPACT LOCAL AU PLUS PRES DE VOS TERRITOIRES D’IMPLANTATION
Au cœur de cet atelier co-animé par Sophie Gourbat-Raimbault (Hennessy) et Flora Boucard (Reforest’Action), s’est dessinée une conviction forte : c’est à l’échelle des territoires que les stratégies climat prennent toute leur efficacité. Dans un contexte où plus de la moitié de l’économie mondiale dépend de la nature, tout en étant fragilisée par sa dégradation, les entreprises ne peuvent plus se limiter à réduire leurs impacts au sein de leur chaîne de valeur.
L’action hors chaîne de valeur, lorsqu’elle est ancrée localement, devient un levier stratégique pour adresser des risques bien réels, climatiques, opérationnels et sociaux. À travers le programme Forest Destination, Hennessy a illustré concrètement cette approche en déployant, aux côtés de Reforest’Action, des projets de restauration forestière et d’agroforesterie dans des zones en lien avec ses activités et ses parties prenantes.

Le retour d’expérience partagé autour du projet mené en Tanzanie a notamment mis en lumière la capacité des solutions fondées sur la nature à générer des impacts mesurables, sur les sols, l’eau, la biodiversité et les communautés locales, tout en renforçant la résilience des activités. Plus largement, l’atelier a souligné un point structurant : en rapprochant l’action des territoires, les entreprises transforment une contribution environnementale en un actif stratégique, tangible et aligné avec leurs enjeux de long terme.
ATELIER #2 – SECURISER DES CREDITS CARBONE A HAUTE INTEGRITE A HORIZON 2050
À mesure que les échéances Net Zero se rapprochent, la question de l’accès à des crédits carbone de haute intégrité s’impose comme un enjeu stratégique pour les entreprises. Lors de l’atelier co-animé par Charles-Henri Prevost (blisce/) et Arianna De Toni (Reforest’Action), les échanges ont révélé une évolution structurante du marché : le passage d’une logique centrée sur les volumes à une exigence croissante de qualité et de fiabilité.

La haute intégrité ne se résume plus à un cadre normatif, mais repose sur la capacité concrète à développer et piloter des projets robustes, capables de délivrer des résultats mesurables dans la durée. Cette réalité se traduit par de nouveaux impératifs pour les organisations :
- Identifier des projets à forte valeur environnementale et sociale ;
- Sécuriser des volumes sur plusieurs décennies ;
- Anticiper les risques liés à la non-livraison ou à la volatilité des prix.
En croisant une lecture opérationnelle et une approche investisseur, l’atelier a souligné que la crédibilité des stratégies climat repose désormais autant sur la maîtrise de ces actifs que sur les engagements eux-mêmes. Dans ce contexte, les solutions fondées sur la nature apparaissent comme un levier incontournable, à même de concilier intégrité, performance et alignement avec les trajectoires climatiques les plus ambitieuses.
Plus largement, une idée s’est imposée : dans un marché désormais guidé par la confiance, la capacité à maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur devient un facteur clé de différenciation.
ATELIER #3 – GARANTIR LA DURABILITE ET LA RESILIENCE DES CHAINES D’APPROVISIONNEMENT AGRICOLES
Face à l’intensification des risques climatiques, la question de la sécurisation des approvisionnements agricoles s’impose désormais comme un enjeu stratégique central pour les entreprises. L’atelier consacré aux chaînes d’approvisionnement, co-animé par Vincent Choquet (Cargill) et Loïc Stalin (Reforest’Action), a mis en lumière une transformation de fond : la transition vers des modèles agricoles régénératifs ne peut plus être abordée de manière partielle, mais nécessite une approche systémique, à l’échelle de l’exploitation et des rotations culturales.
Les discussions ont fait émerger le rôle structurant de l’agroforesterie, véritable pilier de ces transformations, capable d’améliorer la fertilité des sols, de renforcer la rétention en eau et d’accroître la résilience face aux aléas climatiques. Au-delà du carbone, les bénéfices générés, biodiversité, stabilité des rendements, réduction des intrants, traduisent une approche plus globale de la performance agricole.
L’exemple du programme RegenConnect, développé conjointement par Cargill et Reforest’Action, a illustré concrètement les conditions de déploiement à grande échelle : accompagnement technique des agriculteurs, incitations économiques sécurisées dans le temps et dispositifs de suivi robustes.
Un point clé s’est ainsi dégagé : la transformation des filières agricoles repose autant sur la capacité à aligner les intérêts des acteurs que sur la mesure des impacts. Plus largement, l’atelier a mis en évidence un basculement stratégique : la performance environnementale et la performance des chaînes d’approvisionnement deviennent indissociables, marquant le passage d’une logique d’optimisation à une logique de résilience durable des systèmes agricoles.

ATELIER #4 – RENFORCER LA RESILIENCE HYDRIQUE DE VOS SITES
Longtemps considérée comme une ressource opérationnelle, l’eau s’impose désormais comme un enjeu stratégique de premier plan pour les entreprises. L’atelier dédié à la résilience hydrique, co-animé par Sophie Ménard (ERM), Fanny Epaud et Jean-Christophe Renaud (Reforest’Action), a mis en évidence une évolution majeure : face à l’intensification des risques de pénurie, de dégradation de la qualité et de perturbation des activités, la gestion de l’eau ne peut plus être appréhendée à l’échelle seule de l’entreprise.
Les échanges ont souligné la nécessité d’adopter une lecture territoriale, centrée sur les bassins versants, afin de cartographier précisément les risques, comprendre les dynamiques locales et déployer des réponses adaptées en concertation avec les parties prenantes. Dans ce cadre, les solutions fondées sur la nature apparaissent comme des leviers particulièrement pertinents. En restaurant les écosystèmes, notamment forestiers et agroforestiers, elles permettent d’améliorer l’infiltration et la rétention de l’eau dans les sols, de réguler les flux et d’en améliorer durablement la qualité, tout en générant des bénéfices mesurables à l’échelle des territoires.
L’atelier a ainsi mis en lumière une approche intégrée, combinant diagnostic des risques et mise en œuvre opérationnelle, où la résilience hydrique devient un facteur clé de continuité d’activité, de performance et d’anticipation des risques à long terme.
Envie d'en savoir plus ? Consultez notre page solution : Programme Résilience Hydrique.
UN FORMAT PLÉBISCITÉ POUR LA QUALITÉ ET LA PROFONDEUR DES ÉCHANGES
En faisant salle comble sur le balcon du Grand Palais, les NbS Talks ont confirmé l’intérêt des leaders d’entreprises pour des formats orientés action, propices aux interactions et au partage d’expérience. En réunissant des décideurs ESG et C-level en petit comité, l’événement a créé un cadre particulièrement favorable à des échanges de fond entre pairs.
Structurés en trois temps, apport d’expertise, retour d’expérience d’une entreprise engagée, puis échanges ouverts, les ateliers ont permis aux participants de bénéficier de cas concrets d’intégration des solutions fondées sur la nature dans les opérations et les stratégies de durabilité. Ce format a également facilité des discussions directes sur des enjeux clés, tels que l’allocation des ressources, la gestion des risques ou l’intégration stratégique.
Un constat partagé s’est dégagé : les solutions fondées sur la nature ne sont plus des initiatives périphériques : elles deviennent des composantes structurantes des modèles d’affaires. La question n’est plus de savoir si les entreprises doivent s’en saisir, mais à quelle vitesse.
