La Science Based Targets initiative (SBTi) s’est imposée ces dernières années comme le cadre de référence pour les stratégies climat. Plus de 10 400 entreprises, réparties dans plus de 100 pays et 50 secteurs d’activité, se sont déjà engagées dans cette démarche alignée avec les dernières conclusions du GIEC (AR6) et l’Accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.
La norme SBTi Corporate Net-Zero Standard (CNZS) permet aux organisations de définir une trajectoire de réduction des émissions carbone sur l’ensemble de leur chaîne de valeur (scopes 1, 2 et souvent 3) - via la fixation de « targets » à court et long terme - leur permettant d’atteindre le « net-zéro » d’ici 2050.
Mais si la SBTi met l’accent sur la réduction des émissions, elle n’a jamais limité l’action climatique des entreprises à cet unique levier. Depuis l’origine, elle reconnaît également la nécessité de mobiliser des financements pour l’atténuation du changement climatique au-delà des chaînes de valeur. Car même avec des réductions ambitieuses, la transition vers le net-zéro nécessitera un déploiement massif de solutions d’évitement et de séquestration carbone, et notamment des Solutions fondées sur la Nature, comme le précise le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

BVCM : la contribution climatique au cœur des recommandations SBTi
L’un des aspects les plus mal compris du cadre SBTi concerne sans doute le rôle et la mise en œuvre des leviers de contribution climatique en dehors des chaînes de valeur. Pourtant, dès 2021 et la publication du CNZS, l’organisation scientifique encourage vivement cette démarche auprès des entreprises au travers du cadre BVCM (Beyond Value Chain Mitigation).
Le principe du cadre BVCM promu par la SBTi
Le BVCM consiste pour une entreprise à financer des actions climatiques en dehors de sa chaîne de valeur, dans le même temps qu’elle met en œuvre sa trajectoire de réduction d’émissions validée. Cela inclut le soutien à des projets d’évitement d’émissions et de séquestration du carbone. Dans cette logique, les Solutions fondées sur la Nature sont mises en avant par la SBTi comme essentielles à l’atténuation du changement climatique.
Une démarche vertueuse complémentaire aux objectifs de réduction
Ce mécanisme correspond à ce que l’on appelle couramment la « contribution carbone ». L’objectif est simple : accélérer l’action climatique mondiale en mobilisant davantage de financements privés vers des solutions climatiques à fort impact (et sous financées) tout en permettant aux entreprises de soutenir les Objectifs de Développement Durable (ODD).
La SBTi souligne également que cette démarche présente des avantages pour les entreprises. À terme, elle permet d’accélérer la transition globale vers le net-zéro - soit la réduction de 90 à 95% des émissions d’une organisation d’ici 2050 - qui doit impérativement s’accompagner de la « neutralisation totale » des émissions résiduelles d’une entreprise, notamment via des projets de séquestration carbone.
Un financement climatique stratégique permet en outre de contribuer à réduire les risques climatiques auxquels sont exposées les entreprises et à renforcer leur valeur financière à long terme.
Une démarche volontaire encore peu structurée
À ce stade, le cadre BVCM reste volontaire et ne fait pas l’objet d’une validation officielle de la part de la SBTi. Cependant, l’organisation recommande aux entreprises de structurer leur démarche en :
- Définissant un cadre d’engagement hors chaîne de valeur clair (objectifs, durée, périmètre)
- Choisissant de financer des projets respectant les critères de qualité essentiels (additionnalité, permanence, absence de double comptage)
- Privilégiant des projets vérifiés par une tierce partie et basés sur des méthodologies standardisées
- Mettant en place un système de mesure, de reporting et de vérification (MRV) de leurs actions
- Communiquant de manière transparente sur les projets financés et leurs résultats
La SBTi encourage également des niveaux d’ambition élevés, par exemple en soutenant des actions permettant d’obtenir des réductions ou absorptions d’émissions équivalentes à au moins 50% des émissions non atténuées (ou résiduelles).
OER : une évolution vers davantage de responsabilité climatique
La révision en cours du Corporate Net-Zero Standard - draft publié en novembre 2025 - montre que la contribution climatique hors chaîne de valeur est appelée à prendre encore plus d’importance. Dans cette nouvelle version de sa norme, la SBTi propose en effet un nouveau cadre plus engageant : l’Ongoing Emissions Responsibility (OER).
De la contribution volontaire à la responsabilité climatique
Alors que le BVCM encourageait une contribution volontaire, le cadre OER envisagé introduit une logique plus structurée : les entreprises sont invitées à prendre explicitement responsabilité pour les émissions qu’elles continuent à générer pendant leur transition vers le net-zéro. Ce nouveau mécanisme crée ainsi un lien plus direct entre les émissions historiques et actuelles des entreprises et leur contribution à la crise du climat mondiale. L’objectif est d’ancrer définitivement le mécanisme de contribution carbone dans les stratégies climatiques et financières des entreprises.
Des objectifs chiffrés et différents niveaux de reconnaissance
Bien que ce cadre soit encore au stade de projet, il introduit plusieurs évolutions importantes :
Une reconnaissance des entreprises engagées selon deux niveaux (« recognized » et « leadership ») pour promouvoir une action basée sur des enjeux de valorisation ;
Des objectifs quantifiés, exprimés en tCO₂e (Mitigation Impact Contributions) ou en financement par tCO₂e (Climate Finance Contributions) pour promouvoir une comparaison claire entre engagements ;
Une forte incitation à intégrer le sujet de la contribution climatique dans les stratégies climat, notamment via la mise en place d’un prix interne du carbone et la possibilité que ce cadre devienne obligatoire pour certaines entreprises dès 2035 ;
Une préférence pour des impacts climatiques mesurés et vérifiés, souvent via des crédits carbone certifiés, même si d’autres projets peuvent être acceptés s’ils démontrent un impact climatique crédible et vérifiable.
En revanche, le principe fondamental à l’approche de 2050 reste inchangé : pour atteindre le net-zéro, les entreprises devront toujours « neutraliser » 100% de leurs émissions résiduelles.
Les orientations proposées dans le Draft Corporate Net-Zero Standard V2.0 de la SBTi en matière de contribution climatique envoient un signal fort aux entreprises : contribuer au-delà de sa chaîne de valeur n’est plus un levier complémentaire, mais bien une solution climatique stratégique, à activer en parallèle des efforts de réduction des émissions.
Qu’il s’agisse du BVCM - déjà en vigueur - ou des évolutions proposées avec le cadre Ongoing Emissions Responsibility (OER), ces mécanismes poursuivent un objectif commun : accélérer l’action climatique dès aujourd’hui, plutôt que d’attendre l’échéance du net-zéro pour mobiliser les solutions nécessaires.
Dans ce contexte, financer des projets carbone apparaît comme un moyen à part entière pour contribuer à sa trajectoire SBTi, en complément des trajectoires de réduction strictes à mettre en œuvre au sein de la chaîne de valeur.
Les Solutions fondées sur la Nature pour répondre aux enjeux de contribution climatique de la SBTi
Les Solutions fondées sur la Nature (NbS) constituent des instruments particulièrement pertinents pour construire des stratégies de contribution climatique de haute intégrité. En plus de permettre le stockage du carbone – les forêts étant le premier puits de carbone terrestre – elles génèrent des bénéfices fondamentaux pour la biodiversité, les sols, les ressources en eau et les communautés locales. Investir dans les NbS permet donc de faire converger stratégie climat et stratégie ESG des entreprises, et ainsi de dépasser une approche uniquement centrée sur le carbone.
Anticiper les objectifs SBTi à court terme
À ce stade, plus de 10 000 entreprises se sont engagées auprès de la SBTi avec un objectif à court terme (horizon 5 à 10 ans). Pour beaucoup d’entre elles, cette échéance se situe autour de 2030. Dans ce contexte, la contribution climatique constitue un levier d’action à mobiliser dès aujourd’hui afin de maximiser leur impact climatique dans le cadre du mécanisme BVCM.
Par ailleurs, de nouveaux critères de qualité ont récemment émergé sur le marché carbone volontaire, contribuant à structurer un cadre plus robuste pour les projets climatiques. Malgré ces avancées, l’offre de projets de haute intégrité reste limitée, en raison d’un manque chronique de financements. Il devient donc stratégique pour les entreprises de sécuriser dès maintenant leurs engagements de contribution climatique.
C’est dans cette optique que Reforest’Action développe des Solutions fondées sur la Nature, et notamment sur les écosystèmes forestiers, afin d’accompagner les entreprises dans l’atteinte de leurs objectifs climatiques d’ici 2030.
Un portfolio de solutions adapté aux contraintes des entreprises
Fort de plus de 15 ans d’expérience dans les NbS, nous proposons aujourd’hui un ensemble de solutions adaptées au besoin des entreprises de sécuriser leur contribution climatique en dehors de leur chaîne de valeur. Diversifié en termes de typologies de projets, de localisations et de niveaux de prix, notre portefeuille leur permet de soutenir des projets carbone forestiers, agroforestiers et de préservation des forêts tropicales, certifiés ou vérifiés par des tiers reconnus. Nos clients peuvent ainsi construire une stratégie adaptée à leurs contraintes opérationnelles et à leurs objectifs climatiques.
Les unités carbone générées par nos projets sont mobilisables immédiatement et peuvent ainsi s’intégrer dans une stratégie SBTi à court terme, en complément des trajectoires de réduction :
Des crédits issus de projets REDD+ : des crédits carbone certifiés par des standards reconnus (VCS, CCB) issus de projets de préservation de forêts tropicales menacées par la déforestation ou la dégradation forestière. Ces projets contribuent à la protection de la biodiversité et au développement d’activités économiques alternatives pour les communautés locales.
Des crédits Label bas-carbone : des projets forestiers développés par Reforest’Action et labellisés par le ministère de la Transition écologique, contribuant au (re)boisement des forêts françaises. Le Label bas-carbone constitue aujourd’hui la seule certification officielle pour la quantification du carbone stocké par des projets forestiers en France, au service de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC).
Des unités carbone issues de projets vérifiés : des projets (agro)forestiers développés par Reforest’Action et bénéficiant d’une projection de séquestration carbone potentielle sur 30 ans validée par Bureau Veritas, complétée par un audit indépendant sur le terrain à +5 ans.
Alors que la SBTi semble évoluer d’une logique de contribution climatique volontaire vers une logique de responsabilité climatique proportionnelle aux émissions, la question de la contribution en dehors de la chaîne de valeur devient de plus en plus centrale dans les stratégies climat des entreprises.
Pour une entreprise, agir beyond value chain ne signifie pas agir de manière déconnectée de son activité. Au contraire, une action climatique de haute intégrité doit être ancrée localement, en lien avec les territoires, les écosystèmes et les parties prenantes des entreprises. Les Solutions fondées sur la Nature offrent ainsi une opportunité concrète d’accompagner les entreprises dans l’atteinte de leurs objectifs SBTi à court terme tout en générant des impacts positifs là où ils ont le plus de sens pour leur activité.
Découvrez comment les solutions de Reforest’Action peuvent accompagner votre stratégie climat.
Note : les activités et investissements liés aux cadres BVCM et OER ne sont pas comptabilisés dans les émissions des scopes 1, 2 et 3 et ne contribuent pas aux objectifs de réduction de la chaîne de valeur, et ne peuvent donc pas remplacer les efforts de décarbonation des entreprises.