Le rapport 2026 de la FAO sur l’état des forêts du monde, publié le 28 septembre 2026, rappelle l’ampleur du défi : 460 millions d’hectares de forêts et autres terres boisées sont dégradés. Les financements mobilisés pour la restauration restent inférieurs au quart des besoins annuels estimés. Accroître ces financements est indispensable. Encore faut-il qu’ils soutiennent la restauration des fonctions écologiques dans la durée.

La question est donc celle des fonctions à restaurer et de leur maintien dans un climat qui change. Le rétablissement d’une couverture végétale ne suffit pas à démontrer la récupération écologique d’un écosystème. Il faut aussi évaluer sa capacité à réguler l’eau, à accueillir la biodiversité et à se régénérer par lui-même dans la durée. Le nombre d’hectares constitue un indicateur utile de mobilisation ; il renseigne peu, à lui seul, sur la qualité de la restauration.
Chez Reforest’Action, nous considérons que cette qualité se construit dès la conception du projet. Elle suppose de comprendre les besoins écologiques du territoire, les usages du sol et les attentes des populations. Elle exige également d’anticiper les évolutions climatiques : restaurer aujourd’hui engage des écosystèmes qui devront fonctionner sous des températures et des régimes de précipitations différents.
Cette perspective transforme la manière de financer les projets. La restauration demande des moyens initiaux, mais aussi des ressources pour entretenir, suivre et ajuster les interventions dans le temps. Son modèle économique doit tenir compte de cette temporalité et des conditions qui permettront aux acteurs locaux de poursuivre les actions engagées.
Les crédits carbone peuvent contribuer à structurer le financement de projets dont les bénéfices climatiques sont quantifiables et certifiables. Les contributions directes aux Solutions fondées sur la Nature permettent également de soutenir des besoins de restauration, notamment hydrologiques ou liés à la biodiversité, qui ne trouvent pas nécessairement leur modèle économique dans la certification carbone. La pertinence du financement se juge à sa capacité à répondre aux besoins du projet et à soutenir ses résultats dans le temps.
La prochaine étape de la restauration mondiale consiste à réunir trois exigences : davantage de financements, une conception ancrée dans les territoires et des preuves de résultats. Pour Reforest’Action, la résilience doit devenir un critère structurant des décisions de financement, dès la phase de design des projets et tout au long de leur mise en œuvre.