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Jean-Louis, gérant d’une agence de travail temporaire, retrace pour Reforest’Action l’histoire de sa forêt et les raisons qui l’ont poussé à reboiser ces terres situées dans la Creuse, en Nouvelle Aquitaine. 

30/09/2021 - Ondine de Reforest'Action


Catégorie: 

France - Nouvelle-Aquitaine - Creuse - parole de propriétaire - reboisement - diversification des essences

Jean-Louis, gérant d’une agence de travail temporaire, retrace pour Reforest’Action l’histoire de sa forêt et les raisons qui l’ont poussé à reboiser ces terres situées dans la Creuse, en Nouvelle Aquitaine. 

Parlez-nous de votre forêt…

Je me passionne pour les enjeux forestiers depuis toujours. Ces terres appartenaient déjà à ma famille : durant ma jeunesse, j’allais régulièrement débroussailler, faire des regarnis et ramasser les champignons. Au fil du temps, nous avons agrandi les parcelles, qui représentent aujourd’hui 160 hectares et sont réparties sur 3 différents sites : le Pic, le Puits de Bousart et Royères.

Historiquement, ces terres étaient peuplées uniquement de douglas, une méthode de gestion aujourd’hui peu commune. Après plusieurs reboisements, le peuplement est aujourd’hui constitué aux deux tiers de résineux (douglas, mélèzes, et sapins pectinés) et le reste de feuillus, plus spécifiquement de hêtraies à Houx.

Quels phénomènes menacent particulièrement les écosystèmes forestiers de votre région ? 

Les deux principaux risques pour les forêts sont : 

  • Les scolytes, initialement peu dangereux, qui deviennent une menace sérieuse en période de sécheresse où les arbres, déshydratés génèrent moins de sève. De fait, l’insecte s’immisce plus aisément sous l’écorce et provoque le dépérissement de l’arbre. Heureusement, dans le Limousin, des prédateurs dévorent les scolytes depuis plusieurs années,  une bonne nouvelle pour nos forêts !  
  • Le gibier est également une menace récurrente, notamment le chevreuil qui cause d’importants dégâts. C’est l’adversaire le plus difficile à maîtriser : le mâle frotte l’écorce avec le velours de ses bois, ce qui cause l’abroutissement des jeunes arbres. Contrairement aux autres gibiers tels que les cerfs ou les sangliers, une fois qu’il s’approprie son territoire, le chevreuil y élit domicile durablement. 

Comment envisagez-vous le futur de votre forêt ?

J’ai décidé de diversifier le peuplement avec des hêtres qui pousseront sous le couvert forestier composé d’épicéas de Sitka. Un mélange d’essences de chêne d’Amérique, d’érable sycomores et de hêtraies-chênaies a également été planté, une démarche accompagnée d’actions d’éclaircies au sein des hêtraies à houx pour les améliorer les parcelles feuillues en terme sylvicole. Ces différents travaux devraient permettre de sécuriser l’état du peuplement sur le long terme.

Pour ma part, la forêt est loin de n’avoir qu’une vocation économique. Je veille quotidiennement sur elle pour le plaisir de me rendre sous son couvert, d’y voir la biodiversité et de cueillir des champignons

À l’avenir, j’entends bien poursuivre cette démarche de diversification d’essences pour renforcer la forêt et ainsi la transmettre aux générations futures

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